
Après 132 ans de domination coloniale et une guerre de libération nationale qui a duré sept ans et demie, la République algérienne démocratique et populaire a été proclamée officiellement le 25 septembre 1962 par le président de l’Assemblée nationale constituante et figure emblématique du mouvement national, Ferhat Abbas.
Cette date aura été un événement historique dans la mesure où elle a vu la naissance de la République algérienne assurant aux citoyennes et aux citoyens l’exercice de leurs libertés fondamentales et de leurs droits imprescriptibles.
La proclamation stipule qu’« au nom du peuple algérien, et vu le référendum intervenu le 1er juillet 1962, par lequel le peuple algérien s’est prononcé pour l’indépendance de l’Algérie, le transfert de pouvoir résultant des déclarations solennelles du gouvernement provisoire de la République algérienne et de l’Exécutif provisoire en date du 25 septembre 1962, qui met fin aux pouvoirs respectifs de ces deux organismes, l’élection, à l’appel du Bureau politique du FLN, le 20 septembre 1962, d’une Assemblée nationale algérienne, le texte faisant l’objet d’un référendum le même jour, texte duquel il résulte que cette Assemblée est chargée de l’élaboration de la Constitution de l’Etat Algérien, l’Assemblée nationale constituante proclame l’Algérie république démocratique et populaire assurant aux citoyennes et aux citoyens l’exercice de leurs libertés fondamentales et de leurs droits imprescriptibles ».
Elle déclare aussi qu’« en tant qu’organisme représentatif du peuple algérien, elle est seule dépositaire et gardienne de la souveraineté nationale à l’intérieur et à l’extérieur » et donne acte, par conséquent, au GPRA, en tant qu’organisme issu du comité national révolutionnaire algérien (CNRA), et à l’Exécutif provisoire de leurs déclarations solennelles mettant fin à leurs attributions et à leurs pouvoirs respectifs. Les accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 par le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et les représentants du gouvernement français, avaient tracé les contours de la transition de la guerre vers l’indépendance et de la proclamation de la République algérienne.
La formation, à l’issue du référendum d’autodétermination, d’un Etat indépendant et souverain paraissant conforme aux réalités algériennes et, dans ces conditions, la coopération entre l’Algérie et la France devait répondre aux intérêts des deux pays.
L’Etat algérien exercera sa souveraineté pleine et entière à l’intérieur et à l’extérieur et cette souveraineté s’exercera dans tous les domaines, notamment la défense nationale et les Affaires étrangères.
Il se donnera librement ses propres institutions et choisira le régime politique et social qu’il jugera le plus conforme à ses intérêts. Sur le plan international, il définira et appliquera en toute souveraineté la politique de son choix.
Cette proclamation sera suivie, le 29 septembre de la même année, par la naissance du premier gouvernement algérien postindépendance. Le 8 mai 1963, la première Constitution algérienne est adoptée par voie référendaire et le 15 septembre de la même année, Ahmed Ben Bella est élu premier président de l’Algérie indépendante.
La période de transition s’avéra donc nécessaire pour engager le processus postindépendance et créer les conditions favorables pour une autre bataille, celle de la construction d’un pays ravagé par une guerre menée sans merci par le colonialisme.
Sur la base d’une plus grande cohésion politique et sociale, il fallait mobiliser toutes les énergies et mettre en œuvre les potentialités disponibles pour affronter les nouveaux défis socio-économiques.